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Victoriaville, Québec

jeudi 1 février 2007

La traversée des Atlas

Ifrane est une ville de riches. Ici, personne ne m'arrête sur la rue pour me vendre un forfait touristique. Ça fait du bien de se sentir pauvre. L'inconvénient, c'est que le prix de la chambre d'hôtel la moins cher correspond à environ quatre fois mon budget quotidien. Je demande à un policier de m'aider. Il me dirige vers un ami à lui qui se fait payer en dessous de la table pour faire visiter des maisons d'hôtes aux touristes perdus. C'est comme ça que je trouve un endroit pour passer la nuit. Je prends le reste de l'après-midi pour visiter la ville. Je fais le tour des parcs et des quartiers chics. Il y a semble-t-il un beau campus universitaire, mais on me refuse l'accès. Après le coucher du soleil, mes vêtements ne suffisent plus à m'isoler du froid, je rentre me coucher.

Le 22 janvier au réveil, je m'en vais directement à la gare routière. Destination Errachidia. Pas de grand taxi pour moi cette fois-ci, je prends le bus. Sur la route, je demeure rivé à ma fenêtre tellement les paysages sont beaux. Les montagnes qui défilent me font penser aux vagues géantes d'un océan de roc déchaîné. À la vue de quelques habitations berbères, je me questionne sur le mode de vie de ces gens. De quoi vit-on dans ces lieux? Que broutent les troupeaux sur ce sol rocailleux? À l'approche d'Errachidia, la couleur rouge du sol donne au paysage des airs de planète Mars. C'est beau. J'aurais passé des jours dans chaque village que la route croise, juste pour contempler le paysage.

À Errachidia, je reprends ma vie d'appât à faux guide. Je vais même prendre le thé avec deux d'entre eux pour discuter du phénomène et essayer de mieux le comprendre. Ils me baptisent Abdoul, diminutif pour Abdellah, qui signifie esclave de Dieu. Je ne sais pas si cette définition me représente bien, mais peu importe. J'utiliserai ce nom, plus facile à prononcer, pour le reste de mon séjour au Maroc.

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Mes rêves se perdent dans les vagues géantes de ton océan de roc. Les dunes qui m'entourent, l'absence de points de repère me donne l'impression d'être nul part et partout à la fois. Terres de Mars ou d'illusions, esclave d'un Dieu - j'en doute - mais du soleil assurément, qui teinte à sa guise l'infini, dans une gradation de l'or au rouge. On te rebaptise, mais je préfère t'imaginer sans nom. Ainsi tu pourrais aussi bien être moi ou n'importe qui d'autre. En te laissant sans nom, je laisse plus de place à l'aventure.
Inutile de préciser que tes récits me font voyager. Merci, Magali

heena a dit…

J'ai tellement envie de partir au Maroc, mais j'ai l'impression d'y être, très bonne description!
Merci! heena789