En débarquant du bus à Siwa, j'ai l'impression d'avoir changé de pays. Il y a des enfants partout, le moyen de transport principal est l'âne, les ruines d'une ancienne cité fortifiée en terre dominent le centre village. Une fois la vague de sollicitation causée par l'arrivée du bus est passée, j'apprécie la tranquillité et le rythme lent de ce petit paradis. Il y a une grande terrasse à l'hôtel où je choisis de m'installer. J'y rencontre plusieurs voyageurs, dont Tamer, un égyptien qui étudie à Ottawa. Au fil de nos discussions, une amitié naît. Devant mon hésitation à faire un safari en 4x4 dans le désert, Tamer me propose de faire une randonnée de soir dans le désert et de camper près d'une source naturelle d'eau chaude. Deux de ses amis, Abdullah et Ahmed, nous accompagneront. Nous deviendrons tous les quatre un groupe d'inséparables, jusqu'à mon départ.
Il est 19h le soir nous sommes prêts à partir. Nous quittons le village en marchant vers l'obscurité. La Lune permet de voir les points de repères dont nous avons besoin, mais les indications que nous avons reçues pour atteindre la source semblent fausses. Nous sommes perdus. On entend le bruit des moteurs de la station de pompage qui amène l'eau du lac Siwa vers le village. Des gens habitent à proximité pour s'occuper de son entretien. L'un d'eux offre généreusement de nous accompagner à la source. L'individualisme se fait rare ici.
La source est au fond d'un bassin qui a les dimensions d'une piscine hors terre. Nous y entrons à tour de rôle. L'eau est à la limite d'être trop chaude par rapport à l'air qui s'est rafraîchit, mais on s'adapte rapidement. Dans l'eau, je flotte dans ma bulle. Je nage et je cours sous la Lune comme sur la Lune. Je fais l'étoile sous les étoiles, flottant dans un nuage de vapeur. Mes amis égyptiens parlent entre eux et rient. Je ne cherche pas à comprendre ce qu'ils disent, ils sont heureux. Le bonheur est contagieux même quand on en est déjà atteint. Après un bon moment, j'ai trop chaud. Je plonge dans l'air froid et m'étends sur le sable. Le vent frais agrémente ma détente aussi bien que le faisait le courant chaud de la source à l'instant précédent. Couché sur le sol, les yeux vers le ciel, l'horizon est infini. Ce n'est plus une ligne, c'est un cercle. Une étoile fend le ciel de sa trace lumineuse. J'ai tout vu, je peux me réveiller.
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)

6 commentaires:
Campo, ç'a aucun sens. Tsé quand on travaillais sur temps réel un vendredi soir à 22h37 dans un lab pas de fenêtre rempli de machines pis qu'on recevait un mail d'un pas beau qui nous faisait chier avec ses histoires de déserts pis de chutes pis de paradis? BEN LÀ C'EST TOI QUI FAIT CHIER!!!! Sans farce, c'est juste hallucinant ton affaire. Je suis sur que tu trippes, mais je ne suis pas sur que tu réalise encore à quel point. Quand je lisais tes premiers "chapitres", je me disais, quand est-ce qu'il va se meler à la populasse et faire son tour du "monde" pour vrai? Là t'as non seulement dépassé toutes mes attentes, mais tu es encore en route je pense vers le plus beau, vers toi.
Bravo, en tapant des mains avec 2 doigts. En revenant, tu vas pouvoir les faire toi même les cours d'histoire et de géo. Oublie pas, faut que tu reviennes: tu dois faire le garçon d'honneur à mon mariage.
Vince
Je dirais plutôt que c'est toi qui ne réalise pas à quel point je trippe! Mais tu n'y peux rien, tu n'as que mes textes pour t'en faire une idée. Et à 2 doigts je n'ai pas le temps de tout raconter :-P
Hey J-seb!
Quand esque tu va sen Turquie? Je suis sur que tu trippe a fond! Tu me fais decouvrir dans tes mots un pays qui ,avant me parraissait un peu rude! J'adore te lire a chaque fois! Prends soin de toi et profite des chaques minutes!
ghislain
Je n'ai pas encore fixé de date pour la Turquie. Très probablement d'ici la fin du mois. Quel bonheur de voyager sans contraintes de temps!
Cher 'J'
Si tu n'aimes plus l'informatique, tu pourras te convertir en écrivain , ta façon de décrire ce qui t'arrive et ce que tu sens quand ça se passe est très poétique
j'ai beaucoup aimé ;'le bonheur est contagieux même quand on en est déjà atteint.'
On peut te voir dans tes mots ...
Je te suis .....
Pierrette
Wow! Tu as l'air de faire une voyage magnifique cousin ;)
Bon, moi je suis à Paris, je ne pense pas que tu passes dans le coin, mais je vais peut-être aller vers Prague en République Tchèque d'ici 1 semaine.
Enfin, continue à tripper, tu le mérites!
Gui
Enregistrer un commentaire