De retour au Caire, il est temps de visiter quelques attractions majeures de la ville. Premier arrêt, le Musée égyptien. J'y passe un avant-midi, mais il y aurait matière à y passer une vie. C'est peut-être cliché, mais ce qui me fascine le plus dans le musée est le masque de Toutânkhamon. J'y reviens à maintes reprises pour fixer son image dans ma mémoire. L'oeuvre est d'une perfection et d'une pureté rares. Je pense à ceux qui l'ont réalisé.
Le lendemain matin à l'hôtel, je rencontre Aki, une japonaise qui voyage à la vitesse de l'éclair, comme il semble être la coutume chez ses concitoyens. Nous visitons ensemble les incontournables pyramides de Gizeh. Il faudrait être aveugle pour ne pas être impressionné par ces montagnes construites de mains d'hommes, mais l'émerveillement n'est pas aussi authentique quand on s'y attend et comment ne pas avoir d'attentes face à une attraction aussi populaire. La masse de touristes et de guides de randonnées en chameau enlève aussi beaucoup à la magie. En arrière plan, le Caire dans un nuage dense de smog. Pour rendre la visite plus agréable, je change mon approche face à la sollicitation, j'y répond par l'humour. Je préserve ainsi mon bonheur d'être ici plutôt que de vivre l'expérience comme un combat. Les guides semblent apprécier également. Pour la première fois dans ce voyage, j'ai l'impression d'avoir trouvé une solution universelle à ce qui a été ma plus grande difficulté.
Confiant de ma nouvelle stratégie, je prends le train vers Louxor, la capitale égyptienne de la sollicitation touristique. Je la mets à l'épreuve en marchant sur la rive est du Nil. Impossible pour quelqu'un d'aussi pâle que moi se promenant avec une sacoche de ne pas être arrêté à toutes les 30 secondes par un capitaine de felouque. L'humour fonctionne à merveille ici aussi. Je refuse toutes les offres de taxis, calèches, felouques et autres jusqu'à ce qu'un jeune capitaine me fasse une proposition surprenante, mais intéressante, celle de lui trouver un touriste. Je joue donc le jeu et j'aborde ma première touriste, une européenne dans la quarantaine. Sa réaction m'étonne. L'ignorance! Elle m'ignore, moi qui est des siens, qui n'a aucunement l'air d'un égyptien. Troublé, j'essaye successivement avec quelques autres passants. Toujours la même réaction. La distance, la facilité, le regard caché derrière les verres fumés et ce sentiment apparent de non culpabilité. C'est étrange de se retrouver comme ça. De l'autre côté. Ignoré.
Je reprends mon personnage de touriste le temps de visiter la vallée des Rois. Je découvre avec fascination l'importance que ces gens d'une autre époque accordaient à la mort de leurs pharaons. Tant d'infrastructures, de cérémonies, de symboles. Par chance, les tombes que je visite sont vides de touristes et je peux m'y recueillir avec respect, en silence, en m'imaginant le passé lointain de ces lieux.
Mon séjour à Louxor se termine par la visite du temple de Karnak. Je croise à nouveau Aki, qui a visité Assouan et Abou Simbel entre temps. Nous visitons ensemble l'enceinte d'Amon. À l'entrée de la grande hypostyle, j'ai le souffle coupé par tant de grandeur. La salle est remplie d'immenses colones en forme de papyrus couvertes de symboles. J'ai l'impression d'être à la fois dans un livre et une forêt. La densité de colones est telle qu'on ne voit pas les limites de la salle, ce qui amplifie l'impression de grandeur, d'infini.
Alors que l'on marche vers le temple de Mout, on remarque qu'il n'y a plus personne dans l'enceinte. L'heure de fermeture du site est dépassée, mais personne nous en a averti. Le temple de Karnac est à nous! Pendant ce temps le Soleil et la Lune s'échangent le ciel. À l'ouest, le Soleil tombe dans un dégradé d'orange, à l'est, la Lune se lève dans un dégradé de rose. Les haut-parleurs des mosquées chantent le quatrième appel à la prière en canon. On sort du site dans l'obscurité en passant par dessus la barrière fermée.
Les jours suivants je visite Assouan et Abou Simbel, puis je file au Sinaï à la japonaise, en voyageant de nuit.
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2 commentaires:
WOW! Je rêve.. Superbes photos, ça donne envie de te rejoindre! Tu peux t'informer sur la tolérabilité de la température en août? Si je met un peu de sous de côté cet été l'Égypte pourrait bien être ma destination # 1. On m'a déconseillé pour la chaleur mais ces paysages ont l'air d'en valoir la chandelle.
Magali
J'irai dans le même sens, je te déconseille fortement l'Égypte en août. J'étais dans un bus au Caire il y a quelques temps (en hiver), il faisait près de 30ºC et déjà, la chaleur et la pollution formaient un mélange désagréable. À Assouan, plus au sud, on parle de maximums allant de 31ºC à 50ºC en été. Il reste toujours les plages de la mer Rouge et de la Méditerranée, mais l'été est la saison haute pour le tourisme local. Les paysages seront toujours là, mais seras-tu en mesure de les apprécier?
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