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- Vous débarquez ici monsieur.
- Euh, non je ne crois pas, je viens de voir qu'il reste 10 km avant Olympos...
- C'est bien cela monsieur, le terminus d'Olympos est à 10 km du village.
- Quoi!? Et comment je fais pour me rendre au village?
- Le prochain bus passera vous prendre dans une heure, on vous fera un bon prix.
Qu'est-ce que c'est que cette arnaque!? Dans une heure il fera déjà noir. À ce compte, je suis mieux de marcher... Si aucune âme charitable n'accepte de m'embarquer sur le pouce, je serai arrivé presque aussi vite à pieds. Je pars d'un pas déterminé. Le premier vehicule qui passe s'arrête pour moi. Hourra!
Au bout de la route le camp m'apparaît magique. Des Allemands qui jonglent et dansent avec le feu s'exercent dans une ambiance musicale décontractée. Les autres discutent et boivent dans la confortable chaleur du feu de camp. Je me joint à eux. Le feu, c'est exactement ce que je venais voir à Olympos. Je ne m'attendais pas à le voir si tôt. Je trouve sommeil dans le froid printanier d'une cabane dans un arbre construite pour l'été.
Le lendemain, journée de plage, sûrement la seule du voyage. Quelle belle plage entre mer et montagnes. L'accès par un trou dans un rocher renforce l'impression d'isolement et de tranquillité. Je visite les ruines de la cité antique et je m'aventure sur un sentier dont la destination n'est pas indiquée. Tranquillement, la piste tappée disparait sous les herbes hautes. Les derniers arbres s'écartent pour laisser apparaître un champ. Un champ d'orangers et de citronniers. J'en profite pour me régaler. Je mange avec gourmandise un citron comme une orange. Ça goûte la nature, ça goûte la vie. C'est bon.
Je rentre au camp. On dit que près d'ici, la nuit, comme les acrobates allemands, les ombres dansent avec le feu. Il faut les voir dans la montagne. J'invite une Américaine et un Australien à m'accompagner pour une randonnée de nuit. À leur tour ils invitent leurs amis. En moins de deux, nous sommes dix, tous réunis, prêts à partir à l'aventure dans la nuit.
Après une heure et demie de marche, on arrive à la Chimère. Les voilà, ces feux éternels qui enflamment le roc, ou plutôt le méthane qui s'en échappe. Une autre folie de la nature. Elle a créé l'endroit parfait pour faire la fête. Des feux de camps permanents par dizaines! On s'asseoit autour de l'un d'eux, presque en silence, bouche bée, l'attention divisée entre les feux éternels de la terre et ceux du ciel. En redescendant, on se rafraîchit des fruits d'un arbre: des citrons gros comme des ballons. Comme le dit souvent une bonne amie: "Elle n'est pas belle, la vie?"

3 commentaires:
Je fredonne tout en te lisant
la chanson de Louis Armstrong
" And I Think to Myself, What a Wonderfull World"
Hippie dans l'âme.
Pierrette
Olympos ca vaut le détour ou on se croirait en colonie de vacances.J'hésite à m'y rendre que pour la chimère.
En passant j'ai fais une demande de visa Syrien par la poste de Montreal et c'est aussi le bordel q'en Égypte ,2 semaine que j'attend et pas moyen de parler à autre chose qu'un répondeur!!!!
super les texte, on s'y croirait vraiment
J'etais hors saison alors c'etait tranquile, mais j'imagine qu'en ete ca doit faire plus colonie de vacance en effet. Ca peut etre cool aussi depedament de ce que tu cherches... Personnellement, j'aime voir des phenomenes naturels peu communs alors juste pour la chimere ca vallait le deplacement, mais ca reste que du feu qui sort du sol si on regarde ca objectivement.
Tu fais bien de t'y prendre d'avance pour la Syrie. Meme si c'est long et chiant, tu vas la visiter au moins, chanceux! Je suivrai tes aventures pour me consoler :-)
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