Il pleut depuis trois jours. Je n'attends plus, je profite d'une éclaircie pour partir à vélo sur les routes du Yunnan à travers des villages sans nom où les habitans me saluent de leur maisons en bois sans rez de chaussée. Étrangement, j'ai l'impression d'être motivé par la fuite plus que par la découverte. Qu'est-ce qui m'arrive? Je me perds dans les hypothèses en regardant défiler les bananiers. Ce paradis promis par tous les écrits me laisse indifférent. Est-ce que j'en ai assez vu?
Au sud, les montagnes de la Birmanie laissent un chemin de terre s'y perdre. J'ai envie de le suivre. De m'y perdre aussi sans penser au temps qui file, sans penser à la pluie.
Au sud, les montagnes de la Birmanie laissent un chemin de terre s'y perdre. J'ai envie de le suivre. De m'y perdre aussi sans penser au temps qui file, sans penser à la pluie.
Malgré l'incertitude qui plane, j'ai l'impression de savoir ce qui m'attend. Tout ira bien malgré le risque. Que chercher de plus maintenant? Pourquoi perdre ce temps? Pour la première fois, j'ai l'impression d'avancer pour atteindre la fin plus rapidement. Mais quelle fin? Est-ce que c'est ça le mal du pays duquel je me croyais inatteignable?
Route, chemin, sentier... J'ai traversé les montagnes. Je devine un soleil bas derrière les nuages qui ne peuvent plus se contenir. Encore la pluie. J'aimerais avoir la force du ciel, mais je me sens vide. Je fuis ma fuite.
Je suis allé trop loin, il est tard et le sentier est de boue. Les montagnes qu'il me faut retraverser me semblent infranchissables. J'ai le même sentiment par rapport à ce voyage. Dans les deux cas, il me faudra remonter la pente.

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